La Gestalt

La Gestalt est une thérapie relationnelle qui se propose d’observer le cycle de contact. 

Le mot Gestalt signifie « forme » en allemand (au sens de « se construire », « s’organiser ») et, de fait, la Gestalt se préoccupe de la forme des interactions humaines en partant du constat qu’elles sont indispensables à l’individu : les interactions permettent à chacun de se construire, d’assimiler ce qui est bénéfique et de poursuivre son développement au fil des relations qui jalonnent l'existence.

Quand les relations avec autrui conduisent à des difficultés répétitives, à des blocages, on parle en Gestalt-thérapie de « rupture de cycle de contact ». Pendant la thérapie, on cherchera alors à rétablir la fluidité qui fait défaut et qui est nécessaire à tout être humain pour un échange satisfaisant avec son environnement.

Sommaire

 

Image
Barthélémy Toguo, Habiter la terre

Les fondateurs de la Gestalt

La Gestalt-thérapie trouve ses origines dans les travaux et la pratique de Fritz Perls (1893-1970) et de Laura Posner Perls (1905-1990), tous deux psychanalystes allemands. Avec Paul Goodman (1911-1972), intellectuel et artiste américain, ils ont élaboré et donné forme aux principaux concepts de cette théorie qui s’est développée aux États-Unis à partir des années 1950.

Image
Fritz Perls, Laura Posner Perls et Paul Goodman
Fritz Perls, Laura Posner Perls et Paul Goodman

Croître grâce à des échanges profitables avec l'environnement

L’idée que l’environnement relationnel recèle les éléments nécessaires à l’épanouissement de l’être humain trouve son parallèle dans l’image d’une plante qui puise dans son écosystème les ingrédients de sa croissance. Lorsque l’eau, certains micro-nutriments ou encore la lumière viennent à manquer, la plante s’adapte pour survivre : son développement peut spontanément être ralenti, mis en suspens ou même définitivement entravé. Ses relations avec l’écosystème ne sont pas favorables à sa croissance.

"Aucun organisme vivant ne survit sans échange satisfaisant avec son environnement."

Dans une perspective humaniste, la Gestalt s’appuie aussi sur le fait que, à la différence des plantes, l’être humain dispose d’un certain nombre de données inhérentes à son existence : le libre-arbitre, la liberté, la responsabilité, l’intention, les valeurs… Les réflexions des philosophes existentialistes sont donc également volontiers mobilisées en Gestalt-thérapie pour soutenir une conception positive de l’être humain.

Le corps, l'esprit, les émotions

Enfin, bien loin d’être une psychologie abstraite et conceptuelle qui ne mobiliserait que la réflexion et l’intellect, la Gestalt est aussi une approche pragmatique de l’être humain : la lecture phénoménologique de l’expérience, à travers le corps (les ressentis) et les émotions (l’éprouvé), est volontiers mobilisée pour favoriser une prise en compte globale de la réalité de l'individu.

Le « comment » plutôt que le « pourquoi »

Bien sûr, l’histoire de chacun et le contexte sont importants pour aborder et donner à comprendre ce qui cause souffrance. Les éléments biographiques ou situationnels permettent de donner à percevoir le champ de l’expérience douloureuse ou traumatisante et l’on peut d’ailleurs ressentir un certain soulagement à remettre en mots ce qui nous a fait mal. 

Pourtant, nous n’avons aucune prise sur ce qui s’est produit. Nous ne pouvons rien effacer, ni corriger. Nous ne pouvons pas non plus changer le comportement des personnes qui nous ont fait ou nous font encore du mal… Terrible réalité qui peut donner l’impression d’une fatalité !

La thérapie comme lieu d'expérimentation

En Gestalt-thérapie, on pense en revanche que ce qui se joue dans nos relations présentes ou passées est inévitablement amené à se rejouer dans l’espace relationnel de la séance avec son thérapeute. Ce sont ces formes répétitives, qui sont souvent à la fois devenues intolérables et pourtant indispensables à notre être au monde, qui seront « mises au travail » lorsqu'elles se présenteront.

Par l’exploration phénoménologique de ces formes relationnelles récurrentes, déjà-vues-déjà-connues et qui se transposent dans nos différentes relations à notre insu, l’espace-temps de la thérapie se transforme peu à peu en un laboratoire sécurisant et bienveillant. En faisant l’expérience de nouvelles formes relationnelles, notre cycle de contact peut alors s’engager vers des ajustements dits « créateurs »…

"En explorant les ressentis liés au vécu de situations présentes, la thérapie devient un lieu de changement."

Pour en savoir plus sur la Gestalt-thérapie

Voir Les mille facettes de la Gestalt-thérapie, entretien avec les Gestalt-thérapeutes Chantal Masquelier-Savatier et Sylvie Schoch de Neuforn.

Image
Adrien Vescovi, Soleil Blanc

Éthique et déontologie de la communauté Gestalt en France et en Europe

Le cadre de mise en oeuvre d’une Gestalt-thérapie répond à un certain nombre de conditions qui sont du ressort du thérapeute et d’associations professionnelles qui jouent le rôle de conseils de surveillance. Les Gestalt-thérapeutes adhèrent à ces organisations dont les instances alimentent des réflexions éthiques et un code de déontologie. 

Cette activité d’accompagnement psychologique est enseignée en France par 7 instituts historiques de formation de Gestalt-thérapie, d’orientations différentes, partageant une exigence de qualité et qui se sont mutuellement reconnus dans le manifeste des 7
Prudence : les écoles qui ne font pas partie de ce collectif ne répondent pas aux mêmes exigences...

Ces 7 instituts, porteurs de l’enseignement de la Gestalt en France, à vocation de formation professionnelle, développent et encouragent la production de savoir et de la recherche, soit en interne soit en externe (universités, centres et laboratoires de recherche etc.).

Ils partagent un référentiel de compétences commun défendant une formation professionnelle longue de 5 années d’étude soit, a minima, 1 450 heures de formation à partir du niveau de la licence, incluant :
* 600 heures de formation théorique et méthodologique, 
* 400 à 500 heures de pratique clinique,
* 150 heures de supervision didactique,
* 250 heures minimum de thérapie personnelle,
* ainsi qu’une formation éthique et déontologique.

Ils reconnaissent les organisations professionnelles suivantes : 

  • La FF2P, association rassemblant des professionnels des principaux courants psychothérapeutiques et psychanalytiques en France. Elle regroupe des instituts de formation, des associations de professionnels et des membres individuels dans un objectif : promouvoir la psychothérapie comme discipline spécifique, tout en contribuant à l’information du public et à la protection des usagers. 
     
  • Différentes associations professionnelles qui fédèrent les Gestalt-thérapeutes en France :  la FPGT (Fédération des professionnels de la Gestalt), le CEG-t (le Collègue européen de Gestalt thérapie) et la SFG (la Société française de Gestalt).
     
  • L'EAGT : L’Association européenne de thérapie Gestalt est une organisation à but non lucratif qui promeut le travail des thérapeutes et praticiens de la Gestalt au sein des organisations en Europe. L'EAGT favorise les échanges, inspire et contribue au développement et à l’assurance de qualité par le biais du partage de connaissances et en encourageant la recherche.
     
  • L’Affop, qui réunit 19 organismes de psychothérapie – instituts de formation, sociétés savantes, organismes de praticiens, syndicats professionnels – regroupant des praticiens de la psychothérapie relationnelle exerçant sous le titre de psychothérapeute, de psychologues, de psychanalyste ou de psychiatre.
     
  • Le SNPPsy, syndicat national des praticiens en psychothérapie relationnelle et psychanalyse (SNPPsy), est une association professionnelle ouverte et pluraliste. Elle regroupe des praticiens d’écoles de pensée et de références théoriques très diverses qui pratiquent une psychothérapie relationnelle (où la relation entre la personne en psychothérapie et le praticien est au centre du processus, quelle que soit la méthode). 
     
  • PSY’G, groupement syndical des praticiens de la psychologie, de la psychothérapie et de la psychanalyse fondé en 1966 et qui représente et défend les psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes libéraux, agissant pour la reconnaissance de ces métiers en France et en Europe, et participant à la structuration de la profession, notamment via des fédérations et des référentiels de certification.